Plus une personne est jugée crédible par son entourage, plus son pouvoir d’influence est grand. Il n’est donc pas étonnant qu’un tel objectif soit visé par plus d’un gestionnaire de nos jours.

À titre d’exemple, posez-vous sincèrement la question : pourquoi avez-vous décidé de lire cet article? Simple question de curiosité grâce au titre accrocheur? Peut-être. Par ailleurs, le fait qu’il soit publié dans ce journal y est aussi pour beaucoup. C’est ce qu’on appelle la crédibilité par association. Vous considérez ce journal crédible; donc, par association, la personne qui écrit un article qui s’y trouve devrait l’être également, n’est-ce pas? Ce constat est certes partiellement vrai, mais il présente déjà une facette de la crédibilité qui est très intéressante.

Une définition de la crédibilité

Selon le Larousse, un individu crédible est une personne fiable, qui peut être crue, en qui on peut avoir confiance. Par contre, comme l’explique René Desharnais, président du Réseau DOF, il faut également savoir que c’est une valeur :

  • totalement subjective;
  • accordée par les autres;
  • en fonction de leur perception;
  • fondée sur des critères personnels ou valorisés socialement.

C’est pourquoi la définition suivante est sans doute plus complète lorsqu’il s’agit d’évaluer la crédibilité d’un gestionnaire : valeur subjective accordée à une personne en fonction de critères personnels et sociaux, liés aux compétences et aux habiletés ainsi qu’à l’expérience, aux connaissances et à l’expertise d’un individu. L’évaluation de ces critères permet l’attribution d’un degré de confiance et de fiabilité, lequel est défini comme une sécurité ou un niveau de risque que l’on est prêt à prendre avec cet individu. 

Trois critères fondamentaux liés à la crédibilité

Une fois le concept compris, il faut maintenant être capable d’accroître son propre niveau de crédibilité auprès des autres. Pour ce faire, il faut commencer par prendre connaissance des trois critères fondamentaux et de leurs composantes, sur lesquels la majorité des gens se base pour évaluer la crédibilité d’une autre personne, soit la personnalité, la compétence et l’expertise.

La personnalité d’un individu se décompose en plusieurs facettes. Sept d’entre elles semblent jouer un rôle plus central :

  • respect des engagements
  • modestie
  • intégrité
  • responsabilité sociale/justice
  • rationalisme/objectivité
  • authenticité
  •  Communication/sociabilité

Les compétences qui sont souvent identifiées comme étant reliées à la crédibilité sont les suivantes :

  • orientation vers les résultats
  • intelligence sociale
  • habiletés intellectuelles
  • qualité décisionnelle
  • analyse/jugement critique

Pour sa part, l’expertise repose sur les éléments suivants :

  • éducation et certification
  • réalisations antérieures
  • compréhension de l’organisation et du secteur d’activité
  • amélioration continue
  • réseau
  • expérience

La mesure de son niveau de crédibilité

Il existe certains outils de mesure qui permettent d’analyser précisément sa propre crédibilité. Ils prévoient généralement l’identification de l’importance relative des critères précités selon son champ professionnel personnel, importance qui n’est pas toujours la même selon le milieu dans lequel on travaille, ainsi qu’une évaluation de sa capacité actuelle à démontrer les comportements, l’expérience et les résultats attendus en lien avec ces critères.

Accroître sa crédibilité

Une fois cette analyse complétée, il est possible de vous doter d’un plan de développement précis visant à favoriser la manifestation des comportements liés à ces critères qui vous sont moins naturels. En effet, puisque la crédibilité se traduit en comportements, elle peut être développée comme n’importe quelle compétence relationnelle. À titre d’exemple, il peut être très intéressant de tenter d’avoir accès à des situations qui :

  • vous permettront de jouer un rôle de premier plan (primauté);
  • vous feront sortir de votre zone de confort (nouveauté);
  • vous demanderont une implication importante (intensité);
  • représenteront un défi (difficulté);
  • comporteront un élément de risque (adversité);
  • seront alignées sur les priorités d’affaires de l’entreprise (valeur ajoutée).

Et maintenant, à vous de jouer!